MAIRIE DE COLLONGES-LA-ROUGE
 

Mise en valeur pédagogique et touristique de la faille géologique.

Une faille géologique comme motif de délibération, c'est un sujet peu banal pour les maires d'une communauté de communes. C'était le sujet de la réunion à Noailhac, à l'initiative du maire, Bernard Bleslu. Rassurons tout de suite les lecteurs – et les habitants des villages environnants - cette faille, invitée vedette de la réunion, n'a pas fait parler d'elle depuis des millions d'années. Quelques glissements de terrain superficiels après des pluies diluviennes, comme dans toutes les régions à forte déclivité : c'est tout. Si on en parle aujourd'hui, c'est pour des raisons pédagogique et touristique. En effet, les élus, les spécialistes de la géologie du GAGN (1) et les responsables de l'office du tourisme s'investissent pour la mettre en valeur.

Le sujet s'annonçait passionnant sur le fond et passionné dans la forme : le résultat escompté fut au rendez-vous. En effet, cette faille géologique qui sépare le dernier balcon limousin en grès rouges des premières plages calcaires de l'Aquitaine se trouve être au cœur de l'identité et de la variété architecturale du Midi Corrézien.

Le hasard de la géologie et de l'histoire des hommes.mise en valeur pédagogique

Ces villages sont liés par la même histoire et cependant pas un seul ne ressemble à l'autre ! C'est rare dans un même canton. Certains sont en Limousin, les autres en Quercy, trois d'entre eux à cheval sur les deux zones géologiques. Pourquoi ? C'est la cadeau de la « Grande faille de Meyssac » ainsi intitulée sur la carte géologique du bassin de Brive du BRGM. Des failles géologiques, il y en a partout, la France et le Massif Central en sont couturés, mais seuls les spécialistes savent les interpréter sur le terrain. Celle qui traverse en ligne droite les communes de Noailhac, de Collonges et de Meyssac interpelle le randonneur curieux malgré le tapis vert uniforme des prés et des forêts. Au détour d'un chemin, c'est rouge, puis blanc. Le châtaigner, symbole du Limousin, règne en maître et, soudain, deux pas plus loin c'est le chêne truffier qui côtoie le genévrier typique du causse lotois. En deux pas, le promeneur a franchi, sans le savoir, plus de 60 millions d'années. Un petit pas pour l'homme, un prodigieux plongeon dans l'histoire de la formation de notre planète. Entre les grès rouges du permo-carbonifère de la fin de l'ère primaire et les premières plages de sédiments calcaires marins du début du secondaire, c'est une saga tellurique fantastique qui se laisse deviner pour qui sait regarder. Cette rupture n'a rien de spectaculaire au premier abord, sauf en certains endroits « chiffonnés », « pris en écharpes » pour reprendre les expressions d'une étude du BRGM datant de 1979. Cependant, elle marque une frontière nette comme un coup de scalpel. Pourquoi ne pas mettre en valeur cette originalité géologique au débouché de chaque chemin de traverse praticable ou à réhabiliter ? Au niveau des aires de repos touristiques le long de la D38 ? Dans le cadre d'un mini géodrome ?

Une idée qui fait son chemin

L'idée était dans l'air, encore fallait-il passer à l'action. A l'instigation de Bernard Bleslu, soutenu par ses collègues directement concernés, le maire de Meyssac, Jacques Masson, le maire de Collonges et conseiller régional Henri Bassaler, une première réunion technique a été organisée à Noailhac par Olivier Meunier, agent territorial du patrimoine du syndicat BBM, avec tous les maires du Midi Corrézien sous la présidence du conseiller général Henri Salvant. Les adhérents du GAGN et son président Jacques Céron, sollicités pour la première étape de l'étude géologique étaient invités comme consultants ainsi que l'office de tourisme présidé par Eve Wack.

Après l'exposé du dossier géologique de 36 pages illustrées de cinquante documents photographiques co-rédigé bénévolement par Guy et Maryse Chantepie (2) et Daniel Fender (3), la réunion se poursuivit sur le terrain, carte en main, de Noailhac à Meyssac, pour les premiers repérages.

Le travail bénévole des adhérents du GAGN fut apprécié à sa juste valeur par les participants comme une somme d'années de recherche et, de ce fait, un précieux gain de temps…et d'argent.

« Si cette faille ne dévoile pas de phénomènes grandioses, comme pourrait le suggérer notre imaginaire en quête perpétuelle de fantastique, elle offre une multitude de trésors qui nourrira la connaissance à tous les niveaux des gens curieux » a écrit Bernard Bleslu dans la préface de cette première étude géologique.

Le premier volet du projet pourrait voir le jour en 2006.


(1) Groupement des Amateurs de Géologie de Naves. Lo chardaire. Lestrade 19460 Naves.Tél : 05 55 26 02 29. Gagnaves@libertysurf.f
(2) Professeurs des sciences de la Vie et de la Terre aux lycées Cabanis et d'Arsonval à Brive. Le bois Rieux. 19190 Beynat.
(3) Adhérent du GAGN, président de Radio Vicomté 103.9 fm




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