MAIRIE DE COLLONGES-LA-ROUGE
rue de la Barrière
19500 COLLONGES-LA-ROUGE
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Le sentier des sources
Venez voyager dans le temps à travers la découverte de la vie des collongeois avant l'arrivée de l'eau courante ...
Tout au long de la randonnée, 7 points d'intérêts vous proposent d'écouter les témoignages de personnes ayant vécu l'arrivée de l'eau courante dans le village, véritables témoignages de ce passé pas si lointain !

Le point de départ de la randonnée (1) est l'ancienne gare, au coeur du village de Collonges-la-Rouge.

Vous y trouverez un panneau résumant cette randonnée. 

Les 7 numéros sur la carte correspondent aux 7 enregistrements qui retracent l'histoire de l'arrivée de l'eau dans la commune de Collonges-la-Rouge au travers de témoignages de personnes du village.

 

Vous parcourrez environ 7 km (2h à 2h30 de marche), pour un dénivelé positif de 280 m, en suivant de plus ou moins près le ruisseau de la Renardière, au milieu de la pierre de grès rouge typique de la région et pour la plus grande partie en forêt. 

 

La randonnée est d'un niveau moyen, elle s'adresse à des randonneurs occasionnels ou réguliers. 



 

1. Le café de la gare, point de départ de la randonnée
 

Ici débute le « Sentier des Sources ». 

Vous vous trouvez en face du café de la gare, tenu par les grands-parents de Mr Delsol, le doyen du village de Collonges-la-Rouge. Mr Delsol est né en 1919. La ligne de train qui passait par Collonges a été créée en 1912 et détruite en 1932 avec le développement de la voiture.

 

Au café de la gare, on utilisait l’eau pour les besoins du bar et de la vie quotidienne : vaisselle, eau pour les clients… Les habitants du bourg avaient la chance de pouvoir utiliser l’eau de la fontaine, qui existe encore l’heure actuelle, située juste devant la mairie. N'hésitez pas à y faire un passage à votre retour. Mr Delsol raconte qu’il allait chercher l’eau avec des seaux, jusqu’à 4 fois par jour…à l’époque, on ne gaspillait pas.

 

Vous pouvez écouter ici le témoignage de Mr Delsol qui raconte des souvenirs de cette époque pas si lointaine.

Vous pourrez également écouter l'anecdote de Mme Fender sur les douches du premier hôtel de Collonges-la-Rouge.

Continuez maintenant votre chemin jusqu’aux anciens moulins.
 


2. La vallée des moulins
 

Vous vous trouvez au point numéro 2. Vous entamez le sentier qui suit le ruisseau de la Renardière. Vous pouvez observer la pierre de grès rouge si caractéristique du village de Collonges-la-Rouge, mise en valeur par la verdure qui entoure le ruisseau de part et d’autre. C’est la présence d’oxyde de fer qui donne cette teinte rouge à la pierre.

 

Vous allez marcher jusqu’à un passage à gué, sur une distance d’1 km, en longeant le ruisseau de la Renardière. En 1831, on pouvait dénombrer 8 moulins en activité sur cette portion. Ces moulins sont dits « moulins de Valane », dérivé du 1er nom du ruisseau « Valeine ». Aujourd’hui, on n’en voit que des ruines ça et là, dissimulées sous d’épaisses couches de mousse. Le dernier moulin qui a été utilisé jusque dans les années 1950, se trouve en face du point d’écoute n°2. Un moulin a également été restauré comme habitation, que vous pourrez découvrir sur votre droite plus loin dans le sentier.

 

Il est difficile d’imaginer qu’au XIXème siècle, la Corrèze possédait 1783 moulins à eau en activité. Les moulins étaient alors indispensables pour la vie quotidienne. L’eau agissait comme un moteur pour actionner les roues des moulins, reliées à une meule, qui servaient principalement à moudre le grain pour en faire de la farine de seigle ou de froment. Ces meules fonctionnaient à l’horizontale, comme dans la plupart des moulins du Sud de la France.

 

Le commerce et l’économie liés aux moulins étaient très important à Collonges-la-Rouge, comme dans de nombreux villages de Corrèze. Les paysans apportaient aux meuniers les grains des récoltes pour en faire leur farine. Les meuniers avaient alors une place très importante dans la société à l’époque.

 

Ecoutez le témoignage de Mr Brousse qui situe les différentes sources qui alimentaient le village et la façon dont l'eau était acheminée jusqu’à Collonges.



3. La fontaine de la Baral et la cascade du Saut de la Cour


La fontaine enterrée que vous verrez après avoir effectué un petit détour est le point de captage de la source dite de la « Baral ». Ce captage a été réalisé en 1859, comme vous le constaterez sur le linteau au-dessus de la petite porte. Il existait à l’époque 2 points de captage principaux, la source du Martret, située au milieu d’un pré près du cimetière, à 500 m du bourg, et la source de la Baral, située à environ 1200 m du bourg de Collonges. Des canalisations en fonte reliaient ces deux sources à un réservoir à ciel ouvert situé dans le bourg. A la fin des années 1880, ces canalisations ont été soumises à une campagne de réparation, la présence d’oxyde de fer abimant les canalisations en fonte. A cette époque, la canalisation de la source de la Baral avait été complètement obstruée par des glissements de terrain et l’engorgement des tuyaux, dû à l’absence de bouches d’aération dans les canalisations, qui auraient permis un meilleur écoulement de l’eau. Cela posait des problèmes pour l’approvisionnement des Collongeois en eau, qui étaient alors obligés, notamment en été, de parcourir des centaines de mètres pour aller chercher de l’eau. La réparation était donc nécessaire, ce qui fut fait.

 

En continuant votre chemin, faites un détour sur la droite jusqu’à une première cascade, nommée la cascade du saut de la cour. Le mot « saut » désigne une chute d’eau dans le courant d’une rivière. On peut penser que l’appellation « saut de la cour » tient son nom de la sorte de cour formée par le bassin d’eau entouré de ses parois abruptes.

 

Vous pourrez écouter le témoignage de Joseph Brousse, qui racontes ses souvenirs de pêche nocturne, en quête des fameuses écrevisses du saut de la cour. Marchez un peu plus loin, vous tomberez sur une autre cascade très jolie vers un endroit qui ressemble à une forêt tropicale. Rafraichissement assuré en été, ravissement des yeux en hiver !

Ecoutez également le témoignage de Denise Fraysse, qui raconte ses trajets pour se rendre à l’école du bourg, pendant la guerre, où elle devait traverser le passage à gué tous les jours, en sabot.



4. La ferme des tailleurs de pierres


La ferme des tailleurs de pierres est composée de plusieurs bâtisses datant de la fin du XIXème siècle. La plus éloignée du chemin, au bout de l’aller-retour, devait certainement faire office d’habitation. La famille Albert surnommée les « Bertounes » travaillait ici les pierres qu’ils extrayaient de carrières de grès rouge alentours, pierres qu’ils ramenaient dans leur ferme avec des moyens rudimentaires. Ils taillaient ensuite ces pierres à la main, au marteau et au burin. On trouve quelques vestiges de ces pierres taillées bien plates. De nombreux outils et bâtisses en pierre étaient taillés ici, comme des bacs et également des meules, qui servaient à la fois aux moulins du ruisseau de la Renardière, mais également aux habitants de Collonges qui aiguisaient leurs couteaux et leurs outils avec.

 

Mr Feix raconte l’approvisionnement en eau des personnes qui habitaient sur les hauteurs, qui devaient redescendre jusqu’au ruisseau et remonter chargé d’eau.

Vous pourrez également écouter le témoignage de Mme Fraysse qui décrit la vie quotidienne à Ventejol, un lieu-dit sur les hauteurs non loin de la ferme des tailleurs de pierre.


5. Les sources de Dourieux


Les sources de Dourieux se situent à environ 3 km au nord du Bourg de Collonges-la-Rouge. Ces sources servaient principalement à alimenter les habitations du hameau de Dourieux. Dans les années 30, la commune de Meyssac entreprend le captage et la canalisation de ces sources pour alimenter le bourg et ses environs, trop souvent privés d'eau. Adossé à l'abreuvoir, ce décanteur recueille l'eau dans un bassin où elle dépose les sables et les limons avant de continuer son chemin vers les fontaines de Collonges.

 

Le sentier des sources rejoint à cet endroit précis une partie du chemin de Saint-Jacques de Compostelle, nommée « la voie de Rocamadour en Limousin et en Haut Quercy ». Cette partie débute à Bénévent L’Abbaye en Creuse et s’achève à Rocamadour, sur une distance de 270 km, pour 10 à 12 jours de marche. La voix de Rocamadour traverse 4 départements : la Creuse, la Haute-Vienne, la Corrèze et le Lot.

 

Vous allez emprunter une partie de ce chemin sur environ 2 km. Vous pourrez observer sur quelques panneaux de balisage une coquille Saint-Jacques jaune sur fond bleu, symbole du pèlerinage de Compostelle, insérée dans une sportelle, médaillon de forme ovale des pèlerins de Rocamadour..

Dans le 1er enregistrement ci-dessous, Mr Nublat raconte comment il descendait dans le point de captage par une petite échelle pour aller chercher de l’eau.

Ecoutez ensuite Mr Jean Salvant, qui explique l’acheminement de l’eau jusqu’à la commune voisine de Meyssac avant la mise en place d'un service d'adduction d'eau potable.



6. Paysages de Collonges


Vous vous situez ici juste au-dessus de la faille géologique de Meyssac.

 

Cette faille marque la rupture géologique entre le grès rouge que vous avez pu apercevoir tout au long du sentier, issu du Massif Central et formé il y a plus de 200 millions d’années au nord de cette limite, et les sédiments calcaires au sud de la faille, déposés plusieurs dizaines de millions d’années plus tard. Bien que discrète dans le paysage, elle a eu un impact très important sur l'agriculture, la végétation, la topographie, le patrimoine architectural... mais également sur l’emplacement des sources. En effet, la plupart des villages étaient construits à proximité de points d’eau. Mais ce n’est pas le cas de Collonges-la-Rouge, qui ne possède pas de source dans le bourg. Pour trouver des sources, il faut se rendre dans la partie haute de la commune, c’est-à-dire au nord de la faille géologique, dans la roche de grès rouge.

 

Deux parcours sont proposés autour de cette faille, un parcours routier de 21 km et un sentier pédestre de 11,5 km.

 

Mr Henri Salvant, ancien maire de Chauffour-sur-Vell, commune avoisinante, possède un don de sourcier. Il explique comment il a découvert ce don transmis par son père, comment il a trouvé les premières sources à Chauffour et puis, plus tardivement, à partir d’une carte au Burkina Faso et à la Martinique.


7. La vie quotidienne avant l'arrivée de l'eau courante


Vous achevez le sentier des sources avec cette vue magnifique sur le village de Collonges-la-Rouge. Nous allons vous faire partager 3 témoignages sur la vie quotidienne avant l’arrivée de l’eau courante.

 

Mr Fernando raconte la vie dans le bourg. La fontaine était un lieu de vie important où les gens parlaient beaucoup. Aussi, de nombreux habitants du bourg possédaient des vaches, et celles-ci allaient boire à l’abreuvoir dans le village. Collonges avait alors une toute autre physionomie, on pouvait y croiser des animaux provenant des élevages des paysans du bourg.

Mr Delsol décrit un autre lieu de bavardage pour les femmes : le lavoir. A l’époque, la corvée du lavage était dédiée aux femmes. C’était également un lieu de vie très important.

Enfin, Mme Fraysse décrit le battage du linge. Une pierre en biais installée dans le lavoir servait à frotter et battre le linge avec du savon de Marseille, qui ne dégradait pas le lavoir. Le linge était enfin bouilli dans une grande lessiveuse puis il était rincé, comme le raconte Mme Fender. Les draps étaient tous lavés seulement au printemps car ils étaient très épais et difficiles à transporter à cause de leur poids.